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ÉQUIPE

Mise en scène et Dramaturgie : Alice Gozlan
Texte : Zacharie Lorent
Création musicale : Nabila Mekkid
Crétion sonore : Nicolas Hadot
Création lumière : Quentin Maudet
Scénographie : Salma Bordes
Collaboration à la dramaturgie : Pierre Chevalier
Avec : Julia de Reyke, Mélissa Irma, Zacharie Lorent, Thibault Pasquier (distribution en cours).

PARTENAIRES

Coproduction : Maison des Arts de Créteil, L’ECAM – Kremlin Bicetre, Théâtre de Vanves, Cave à Théâtre.
Soutiens : Collectif 12 – Mantes La Jolie, Théâtre Paul Eluard – Choisy Le Roi, TU – Nantes, Maison du Théâtre d’Amiens, Théâtre dans les Vignes – Coufoulens, La Grange Dimière – Théâtre de Fresnes.

CALENDRIER

Création les 15 et 16 décembre 2022 au Collectif 12 – Mantes La Jolie.
Tournée à partir de Janvier 2023

Au début des années 70 Bill Hayers, auteur de science fiction reconnu, pose ses valises dans une vallée française à l’occasion d’une convention de science fiction. Hanté par la mine qu’il voit depuis la fenêtre de sa chambre, Bill restera 7 mois, au lieu des 4 jours initialement prévus, avant de disparaître. Ne laissant derrière lui qu’un journal et un roman. Le dernier.

Dans les années 90 la rédaction de L’Echo des Vallées, un journal local, est interpellé par un mystérieux lanceur d’alerte sur les rejets toxiques de la mine qui mettraient en danger les habitants de la vallée. Un conflit éclate au sein de la rédaction pour savoir s’il faut ou non se saisir de l’enquête et s’attaquer à la mine, mère nourricière de la vallée depuis 150 ans.

A la fin des années 2020 la mine est fermée depuis 20 ans, mais des millions de tonnes de pollutions toxiques subsistent. Mathilde, chercheuse en botaniques et Noé, photographe originaire de la région, se rencontrent dans une « Résidence en milieux hostile ». Ensemble, ils cherchent à réparer les blessures laissées par l’activité humaine lorsqu’ils apprennent l’existence d’un nouveau projet d’extraction minière dans les environs.

Ces récits sont traversés par des fragments du roman de Bill Hayers, qui raconte la dissidence du Capitaine Mathilde Spencer, dans un monde ou une petite partie de l’humanité a quitté la planète Terre dévastée, mais continue d’exploiter ses ressources et la force de travail de ceux qui l’habitent.

Au démarrage de cette aventure, il y a notre envie de parler de la possibilité de l’action. D’aller chercher des gestes, des signes, des mots et des actes qui brisent la continuité d’un quotidien où tout semble se précipiter vers l’abîme.
Nous voulions nous pencher sur des formes d’héroïsme, qui loin d’entretenir l’imaginaire conquérant et guerrier, faisaient la part belle à la préservation de la planète, à l’organisation de nouveaux modes de coexistence, à la sensibilité comme moyen d’émancipation, à la ré historicisation des trajectoires et à la révélation de vérités cachées.
Conscient.e.s de vivre dans un monde fini, nous cherchions à l’intérieur de celui-ci une variété (physique, ontologique, esthétique, poétique) pour faire valoir d’autres formes de richesses. C’est dans cette variété, cette pluralité que nous cherchons de nouvelles formes de récits qui nous ancrent plus fortement dans le monde tout en nous donnant le courage d’agir sur lui.
C’est dans cette recherche que nous avons découvert le travail de l’association de journalistes Freedom Voices Network et du Projet Forbidden Stories. Ce projet alliant une quarantaine de journalistes internationaux a pour objet de reprendre les enquêtes de journalistes menacé.e.s, emprisoné.e.s ou assassiné.e.s partout dans le monde. Il y a eu ici un premier déclic, un attrait pour une forme d’organisation capable d’agir partout dans le monde, un contre pouvoir agissant à plusieurs niveaux. À la fois pour terminer les enquêtes et faire en sorte de maintenir l’accès à une information non censurée, mais aussi pour envoyer un message : attaquez-vous à un seul journaliste et nous viendrons à quarante. Il y avait là un objet fondamental de la lutte : « Vous pouvez tuer le messager, mais vous n’arriverez pas à arrêter le message. »
En approfondissant nos recherches sur le travail de Forbiden Stories, nous avons décidé de mobiliser notre attention sur une partie de leur travail édité sous forme de série documentaire appelé Green Blood. Il est question de trois industries minières (sable, or, nickel) dont l’exploitation par des firmes peu scrupuleuses est à l’origine de crimes socio-environnementaux. Si les documentaires se déroulent dans trois pays qui peuvent nous sembler lointains : l’Inde, la Tanzanie, le Guatemala, les ressources extraites sont bien sûr des matériaux dont nous avons usage (peut être sans le savoir) au quotidien. Là encore, quelque chose nous a interpellé.e.s. Un lien, ou plutôt une rupture, entre les corps transparents des entreprises de la Tech de la Silicone Vallée et les paysages déchirés du Guatemala, entre la ligne pure d’un macbook pro et des corps meurtris et violés en Tanzanie. 
Le travail de ce groupe de journalistes résonnait à la fois avec nos recherches sur la terre limitée, le jardin monde, mais aussi sur la notion d’action, de possibilité de l’action (au sens politique où l’entend Hannah Arendt).
C’est parce qu’il interroge cette notion d’action que nous voulons travailler autour de la figure du journaliste et plus précisément même du lanceur d’alerte (ce que sont ces journalistes assassiné.e.s ou emprisonné.e.s).  Car si les deux fonctions sont parfois réunies dans une même personne, c’est bien la révélation du lanceur d’alerte qui est une véritable action. Ce principe de révélation nous intéresse aussi. Dans cette aventure il y a à la fois le geste de révélation solitaire d’un côté et de l’autre des gestes de soutien, de prolongation, de solidarités. On a deux facettes du courage, le courage individuel et son inscription dans la durée grâce au geste collectif.